le 19-09-2017
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Nos conseils pour tailler les haies et les alignements
Durant les années qui suivent la plantation, une taille périodique doit être pratiquée sur les jeunes plants. Elle a pour but de former les arbres et les arbustes en fonction de la manière dont on souhaite les conduire à long terme : haut jet ou taillis. Régulièrement réalisés, ces travaux sont limités et peu contraignants ; délaissés, ils obligent à des interventions lourdes et coûteuses et sont dommageables aux jeunes arbres. Ces derniers sont fragilisés et perdent leurs intérêts économiques et climatiques.
Formation des arbres de haut jet
La taille de formation permet d’obtenir un axe vertical unique qui constituera le futur tronc. Les fourches, susceptibles de s’ouvrir, sont des points de faiblesse. Cette taille favorise ainsi une croissance en hauteur la plus rapide possible. Pour cela, les jeunes plants doivent subir différentes opérations de taille durant leur croissance.

Les grands principes de la taille de formation :

-1- Garder un axe unique :

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« Flécher la cime » de l’arbre : au dessous du bourgeon terminal, ôter toutes les brindilles sur 30 cm et raccourcir les branches latérales suivantes sur 50 cm.

-2- Retirer les fourches :

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si l’axe principal se divise en deux ou plusieurs ramifications, formant une fourche, ne conserver qu’une seule branche, celle située dans le prolongement du tronc.

-3- Supprimer les branches verticales :

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Vigoureuses, elles concurrencent l’axe principal.

-4- Eliminer les grosses branches latérales :

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Supprimer toutes les branches dont le diamètre, au niveau du tronc, dépasse la moitié du diamètre de l’axe principal.

Les cinq premières années, raccourcir les branches latérales conservées pour diminuer leur vigueur au profit de la flèche (donner au jeune arbre une forme générale en triangle)

Elagage des branches basses :

Dès que l’arbre atteint une hauteur de 3 à 4 m, les branches, situées dans le tiers inférieur de l’arbre, peuvent être supprimées. Conservez les brindilles afin d’éviter un afflux de sève trop important en tête. Celles-ci seront elles-mêmes supprimées lors des tailles à venir, dès qu’elles auront grossi. L’élagage vise à former une tige et à obtenir, à terme, un bois sans nœuds, donc de plus grande valeur marchande. Il est aussi utile, le long des routes, pour laisser passer les véhicules de grand gabarit. L’élagage peut être réalisé tous les 3 ans.

Formation des arbustes de bourrage

L’hiver suivant la plantation, les arbustes peuvent être "recépés". L’opération consiste à couper les plants à 10 cm du sol afin de provoquer le développement de rejets à la base. On obtient ainsi des buissons très touffus qui rendent la haie très efficace contre le vent. Le recépage est cependant à éviter sur les persistants et le charme.

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L’hiver suivant, les arbustes seront recoupés à mi-hauteur afin d’éviter que le pied se dégarnisse. L’entretien consistera ensuite en une taille latérale chaque année.

Moyens et calendrier :

Les travaux de taille doivent être pratiqués chaque année. La régularité des interventions limite l’apparition des fourches et le développement de branches gênantes. Elle permet de n’intervenir que sur des branches de petit diamètre dont la cicatrisation sera rapide. Elle ne nécessite qu’un matériel léger (sécateur et échenilloir). Bien que chaque arbre de l’alignement doive être passé en revue, tous ne nécessiteront pas de taille. Les interventions sont variables selon les espèces et les sujets.

La taille peut être pratiquée toute l’année, hormis lors du débourrement au printemps, de la chute des feuilles à l’automne et lors des périodes de gel. La taille pratiquée en été, dite « taille en vert », permet une meilleure cicatrisation des coupes. Il est conseillé, si possible, de « défourcher » au mois de juillet. Cette taille est très bénéfique car l’arbre continue sa croissance jusqu’à la fin de la saison. Les autres interventions sont réalisées en hiver, avant la reprise de végétation. L’absence de feuillage rend la morphologie des arbres caducs bien visible.

Du lierre sur les troncs d’arbres, quelle aubaine !

Parfois, les arbres des haies et des talus ont le tronc gainé de lierre. Certaines personnes pensent, à tort, que le lierre parasite les arbres et les affaiblit. Aussi, s’obstinent-elles à le détruire. Or, l’arbre n’est pour le lierre qu’un support. Ses racines sont des sortes de crampons qui en aucun cas ne pénètrent dans le tronc. D’ailleurs, des études montrent que les arbres porteurs de lierre ont une croissance plus rapide que ceux qui n’en ont pas.

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De plus, le lierre est très bénéfique pour la faune. Son feuillage persistant est un lieu de nidification pour de nombreuses espèces d’oiseaux. Ses baies mûrissant au printemps sont une source de nourriture très utile pour les mammifères et les oiseaux qui en sont très friands. Enfin, le lierre est une plante dite mellifère : ses fleurs produisent du suc à partir duquel les abeilles font le miel. Sa floraison tardive, au mois de septembre-octobre, permet aux abeilles de faire une dernière production de miel avant l’hiver. Ne coupons plus les lierres et laissons-les grimper en toute confiance sur le tronc de nos arbres…

La taille d’entretien : un suivi occasionnel

Si la taille de formation a été régulièrement pratiquée durant les dix premières années qui suivent la plantation, les travaux d’entretien courant des arbres seront, ensuite, limités. Des tailles légères et occasionnelles seront réalisées pour supprimer les branches gênantes ou mal orientées et éliminer le bois mort. Il est important d’anticiper les coupes de branches basses potentiellement gênantes pour éviter, dans le futur, de supprimer de grosses branches (intervention coûteuse qui engendre des problèmes sanitaires). Le bois mort peut tomber naturellement lors de tempête. Mieux vaut prévenir sa chute par une coupe préventive des branches dépérissantes.

L’élagage des arbres âgés : à pratiquer avec modération

Il est parfois nécessaire de procéder à un élagage des alignements d’arbres âgés… Trop souvent, on assiste à des élagages excessifs et tardifs (taille de branches de gros diamètres) qui ne laissent qu’une petite partie du houppier. Ces tailles sévères provoquent un déséquilibre branches/racines et accélèrent le dépérissement des vieux arbres. Chez certaines espèces, notamment le chêne, ils se traduisent par l’apparition de nombreuses repousses sur le tronc. Ces travaux nécessitent l’utilisation d’une nacelle. Il est conseillé de faire appel à une entreprise spécialisée qui effectuera l’élagage en toute sécurité.
Pour assurer la santé et la pérennité des vieux arbres, l’élagage des branches ne doit pas excéder le 1/3 inférieur. Si les branches coupées ont un fort diamètre, il est recommandé d’appliquer un mastic cicatrisant.

Une bonne coupe pour une meilleure cicatrisation…

Mal réalisée, les coupes ne permettent pas une bonne cicatrisation des plaies et entraînent le pourrissement du bois, la formation de chicot ou de cavité. La coupe d’une branche doit toujours se faire à l’aisselle d’un bourgeon (pour les branches de faible diamètre) ou d’un rameau (pour les branches de diamètre plus important). Bourgeons ou rameaux jouent le rôle de « tire-sève » c’est-à-dire qu’ils favorisent un afflux de sève qui améliore la cicatrisation de la plaie. De plus, la coupe doit être faite en biseau pour que l’eau de pluie s’évacue. Veillez à préserver le bourrelet cicatriciel, c’est grâce à cette ride de l’écorce que la plaie sera recouverte.