le 28-06-2017
http://www.caue76.org/spip.php?article116
Gestion différenciée des bords de routes
L’entretien des routes du réseau départemental répond avant tout à des enjeux de sécurité routière. L’ensemble des accotements enherbés, des fossés, des talus et des aires de repos représente des surfaces importantes à entretenir, ce qui suppose des moyens humains et financiers conséquents. Mais ces espaces représentent aussi de véritables refuges pour la flore et la petite faune sauvages.

Les modes de gestion actuels font souvent apparaître des dysfonctionnements et des atteintes au milieu naturel :
- Des fauches trop précoces qui entraînent une repousse rapide de la végétation, font disparaître certaines espèces végétales et détruisent les habitats de nombreuses espèces animales.
- Le fauchage d’une grande partie de l’accotement qui engendre une charge de travail importante.
- Des hauteurs de coupe insuffisantes qui génèrent la mise à nu du sol, des risques d’érosion par la pluie accrus, qui mettent en péril certaines plantes et déstabilisent les talus, qui fragilisent les arbres...
- Des déchets de fauche laissés sur place qui provoquent un enrichissement du sol en matière organique (développement d’espèces vigoureuses et friandes d’azotes au détriment d’une flore diversifiée).
- L’utilisation de produits chimiques pour les désherbages préventifs ou curatifs qui engendre une pollution du milieu naturel.

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Depuis quelques années, des réflexions ont été menées par diverses collectivités pour améliorer la qualité environnementale des bords de routes. Aujourd’hui, plusieurs départements se sont engagés dans des démarches d’entretien plus respectueuses de l’environnement, afin d’améliorer la qualité écologique des dépendances routières. Les enjeux de ces politiques de gestion raisonnée sont :
- la sécurité des usagers : garantir la visibilité (carrefours, virages serrés, signalisation verticale), assurer la circulation lors de fortes pluies, limiter les contraintes de circulation dues aux opérations de fauchage...
- la qualité du patrimoine naturel : respecter l’environnement, favoriser la biodiversité...
- la valorisation de l’image du territoire : mettre en valeur le patrimoine naturel, des points de vue, soigner l’aspect de certains secteurs... Cette démarche se traduit par la mise en place d’une politique technique qui définit les actions à mener selon un calendrier.

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Une concertation entre les différents acteurs de l’entretien du réseau est indispensable pour garantir la bonne application de la politique sur tout le territoire : élus, agents d’entretien, experts et écologues... De même, la sensibilisation des usagers et des élus est nécessaire (conférence à l’attention de la population, brochures explicatives, panneaux de signalisation renseignant sur la pratique en bord de routes...).

Seine-maritime : l’expérience de la Communauté de Communes du pays Neufchatelois

En Seine-Maritime, la Communauté de Communes du Pays Neufchâtelois, en partenariat avec la Direction des Routes, s’est engagée, en 2001, dans une démarche expérimentale de fauchage retardé de certains talus, situés en bordure de routes départementales.
La préservation de la flore remarquable locale, et plus particulièrement des espèces d’orchidées présentes sur les accotements, est l’un des objectifs premiers de cette action. 8 sites, offrant une flore remarquable, ont ainsi été repérés et retenus pour l’expérimentation. Ils représentent une longueur totale d’environ 11,5 km et certains se situent sur le périmètre de ZNIEFF.
Pour que l’action soit bien comprise par les usagers, des panneaux d’information, portant le message suivant « Fauchage différé, nature préservée », sont posés aux abords des sites non fauchés. Les conclusions de l’étude botanique réalisée en 2005 par le Conservatoire des Sites de Haute-Normandie témoignent que les talus concernés par l’expérimentation « présentent une flore riche et diversifiée, pour laquelle le système de fauche différée semble bien adapté ».

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Le fauchage tardif n’est pas une absence de fauchage mais un fauchage qui tient compte de la diversité biologique des milieux et permet l’accomplissement des cycles de développement des plantes et des cycles de vie des animaux. Bien sûr, pour des raisons de sécurités, des passes sont réalisées : dégagement des carrefours, des virages, des sorties de chemins... Ainsi, la fauche tardive permet la montée en graines d’un maximum d’espèces végétales et la reproduction de la petite faune. Les floraisons agrémentent aussi le parcours des usagers. De plus, elle permet de réduire la vigueur de la repousse et de diminuer les interventions de fauchage.

La politique de gestion du Conseil Général de Loire-Atlantique

Suite à des expérimentations menées en 2004 et 2005 sur différents sites-tests, le département de Loire-Atlantique a mis en place une politique technique qui définit précisément l’ensemble des actions de gestion à mener sur les dépendances vertes dans une logique de préservation de l’environnement. Quelques orientations fortes caractérisent son ambition :
- le dégagement de visibilité des échangeurs, carrefours et de la signalisation verticale effectué sur l’ensemble du département
- le déclenchement de la fauche sur section courante selon la maturité d’espèces de référence pour favoriser la biodiversité
- la suppression des pesticides au profit de techniques alternatives
- la fauche des entrées et traverses d’agglomération pour soigner l’aspect de dépendance verte urbaine
- la taille douce et l’élagage manuel pour sauvegarder la patrimoine arboré
- la taille franche des haies pour favoriser l’image du patrimoine naturel

Aujourd’hui, la fauche raisonnée est généralisée à l’ensemble des accotements routiers départementaux, soit 4600 km de routes. Ainsi, globalement, les bords de route ne sont plus fauchés que deux fois par ans et les produits phytosanitaires sont totalement proscrits.

Voir la plaquette du CAUE 76 et du département de Seine-Maritime ci-contre

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Le 30 janvier 2008, le CAUE a organisé une conférence-débat animée par : Michel Barrier, vice-président du Département de Seine-Maritime, chargé des infrastructures et des routes, Bernard Deniaud, vice-président du Conseil Général de Loire-Atlantique et Lucie Herber, paysagiste - conseil. Bernard Deniaud, vice-président du Conseil Général de Loire-Atlantique et Lucie Herber, paysagiste, sont venus témoigner de leur démarche depuis la phase de réflexion jusqu’à l’application technique.

Le fauchage des bords de routes départementales

Consulter ci-dessous la plaquette de sensibilisation réalisée par le CAUE76 et le Département de Seine-Maritime :
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Gestion bords routes 76

La démarche de la Loire Atlantique

Voir la brochure sur la politique route et environnement sur le site du CG 44 Voir également la plaquette intitulée "Pesticides : quels dangers, quelles alternatives ?"

La Gestion différenciée des bords de routes

l’AREHN a réalisé une fiche dans la collection Connaître pour agir. Voir le site

Les talus des bords de routes

Comment et pourquoi préserver leur richesse, une brochure proposée par Mayenne Nature Environnement