le 30-05-2017
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EXPOSITION - Le paysage de la côte d’Albâtre /1
Falaises, galets et valleuses verdoyantes

Les falaises, un monument en constante évolution

Les 150 km de la côte d’Albâtre se matérialisent par une falaise d’une hauteur de 40 à plus de 100 m. Celle-ci constitue une frontière entre le domaine maritime et le domaine continental limitant ainsi l’accès à la mer. Elle est principalement composée d’épaisses couches de craies du Crétacé qui comportent parfois des bancs de silex.

Le trait de côte est sans cesse modifié

Le recul de la falaise est provoqué par l’érosion marine (action de la houle et des courants) et l’érosion continentale (ruissellement, infiltration et gel). Il est marqué par des éboulements périodiques des falaises et un recul des limites du plateau.

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Les valleuses, des échancrures dans la falaise

A l’ère quaternaire, les mouvements géologiques et les variations du niveau de la mer contribuent à modifier sensiblement le réseau hydrographique. Ainsi se sont différenciées les vallées, les vallées sèches et les valleuses. Les vallées sont issues d’une incision du plateau crayeux jusqu’au niveau de la mer. Du fait de l’enfoncement d’une partie du réseau hydrographique dans des strates profondes du sous-sol, certaines vallées ont vu disparaître leurs rivières formant des vallées sèches. Et lorsque le recul des falaises est venu se conjuguer à ce phénomène, on a pu voir se former des vallées suspendues (les "valleuses") à plusieurs mètres au-dessus de l’"estran" (partie du littoral comprise entre les plus hautes mers et les plus basses mers).

Les plages

L’estran est généralement constitué d’une partie rocheuse aussi appelée platier, parfois recouvert d’un mince placage de sable alluvionnaire au débouché des vallées.

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La partie haute des plages est ourlée d’un cordon de galets. Il s’agit des silex provenant de l’éboulement de la falaise et usés par les marées.

Des galets en mouvement

Les galets sont transportés grâce à l’action des vagues. Au sud d’Antifer ils prennent la direction du Havre, au nord de cette zone, ils partent en direction de la baie de Somme. Autrefois régulier, le transit des galets est aujourd’hui interrompu par de nombreux aménagements tels que les épis ou les jetées portuaires.

Quand l’eau douce rejoint l’eau salée

Les fleuves côtiers Au nord-est de Fécamp, huit cours d’eau débouchent sur le littoral. Parcourant des vallées à fond plat, ces fleuves possèdent un très faible débit.

Leur débouché sur le littoral a parfois fait l’objet d’un aménagement inapproprié (digue et busage) pour franchir le cordon de galets ou « poulier ». L’un des enjeux actuels, pour certaines communes, est d’étudier les conditions de remise en état des estuaires .

Les sources Le réseau karstique qui s’est constitué dans la roche calcaire, débouche sur le littoral. Ainsi des sources apparaissent sur l’estran ou encore en partie basse de la falaise. Certaines ont redéposé du calcaire, notamment sur des végétaux (mousses) présents au débouché du cours d’eau. Cette roche à l’aspect concrétionné est appelée tuf calcaire ou travertin.

Des spécificités végétales liées aux influences maritimes : une végétation basse adaptée aux conditions difficiles

Quelques pelouses rases, dites aérohalines car soumises aux embruns, colonisent le sommet des falaises. On y rencontre le gazon maritime (Armeria maritima), le chou maritime, la criste marine sur les éboulis les plus récents… A l’arrière, on trouve quelques buissons d’épines noires, plaqués au sol par la force du vent.

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Dans les valleuses, les conditions de sol et d’humidité, plus favorables, permettent d’accueillir des formations buissonnantes ou des ajoncs se mêlent aux fougères aigles et aux genêts. Ils sont traditionnellement fauchés pour procurer une litière sommaire au bétail. Dans les zones abritées quelques arbres peuvent trouver des situations propices pour s’implanter.

Une agriculture acclimatée

Les plateaux littoraux s’inscrivent dans la même logique agraire que celle des plaines cauchoises. Les étendues des champs semblent cependant plus vastes, les clos-masures plus épars. Le lin y rencontre des conditions climatiques favorables. Les prairies permanentes sont localisées dans les valleuses les plus escarpées et surtout dans les fonds de vallées humides. Quelques zones de maraîchage peuvent se développer notamment dans la basse vallée de la Durdent.

La cabine de plage

Au XIXème siècle, cette petite construction en bois abritait les baigneurs qui devaient se changer à l’abri des regards. Parfois montée sur roues, elle permettait d’amener les baigneurs jusqu’à la mer. Avec son architecture pouvant être très soignée, elle s’agrémentait parfois de fenêtres pour devenir un lieu familial et de repos. Actuellement, les cabines traditionnelles sont toujours louées pour la saison et permettent le stockage du petit matériel de plage. Les nouveaux aménagements urbains du littoral rénovent aussi le "look" des cabines, qui deviennent de mini architectures contemporaines comme à Sainte-Marguerite-sur-Mer ou à Yport.
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Une végétation particulière : la butte de Varengeville

La nature du sous-sol autour de Varengeville a favorisé la formation de landes acides. Des boisements ont pu se développer sur des terrains gorgés d’eau. Certaines valleuses ont été aménagées en jardins de très grande qualité dans lesquels se développent des rhododendrons, des magnolias, des cèdres et tout un cortège de plantes acidophiles au milieu de sources, de ruisselets et de mares.
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Anémomorphoses

L’action du vent et des embruns sur les formes végétales est observable, en particulier sur les grands arbres.
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Le développement des bourgeons et des jeunes pousses est inhibé sur le côté exposé aux vents. Le végétal prend cette forme spécifique, appelée « port en drapeau ».