le 23-09-2017
http://www.caue76.org/spip.php?article277
Reconversion du patrimoine architectural communal
La transformation d’un ancien bâtiment en nouvel équipement peut permettre de réorganiser et de revitaliser le centre ancien, de greffer un futur quartier , de concilier différents usages et de mettre en exergue une architecture sans compromettre les qualités intrinsèques du bâtiment initial. Ce dernier enjeu est à lui seul un défi car bien souvent, les ambitions du projet nécessitent une extension. La réponse conceptuelle de ce nouvel élément au-delà de sa fonctionnalité devra instaurer un dialogue entre passé et présent, architecture ancienne et création contemporaine sans compromettre les valeurs de l’une ou de l’autre. Un juste équilibre des proportions, des rythmes et des matériaux de la construction devra être respecté.

Pour répondre à de nouveaux besoins d’équipements, les élus doivent s’interroger sur l’opportunité de construire du neuf ou de réutiliser le patrimoine bâti. Un temps de réflexion en amont du projet est nécessaire : pourquoi transformer cet édifice, pour qui et comment ? Avant toute chose, il est important d’avoir une bonne connaissance du patrimoine bâti public ou privé de sa commune pour pouvoir déterminer les constructions qui mériteraient d’être protégées et qui pourraient dans le cadre d’un projet communal ou intercommunal servir de point de départ à une nouvelle vocation.

Si la valeur architecturale d’une construction est un critère, il est recommandé de ne pas se limiter à la seule notion traditionnelle de patrimoine architectural. Des constructions mineures peuvent également être identifiées, parce qu’elles ont joué un rôle dans l’histoire socio-économique de la commune ou dans la mémoire collective. L’ancienne gare de Val-de-Saâne ou la longère traditionnelle de Saint-Nicolas-d’Aliermont en sont des exemples.

Val-de-Saâne gare en bibliotheque archi leforestier

Les élus peuvent alors s’appuyer sur des dispositifs règlementaires existants pour protéger ces éléments du paysage en application de l’article L 123-1-5-7 du code de l’urbanisme dans le cadre de l’élaboration d’un Plan Local de l’Urbanisme, ou de l’article R 421-23-i lorsque les communes en sont dépourvues.

Une approche stratégique du patrimoine communal est nécessaire : inventorier les constructions et analyser leur potentialité est la première étape du processus de leur reconversion. Les architectes du CAUE peuvent apporter leur appui à cette étude.

L’étape suivante consistera à vérifier la faisabilité de l’opération au vu du programme souhaité. Il s’agira de mener des études préalables pour évaluer les aspects techniques, fonctionnels, architecturaux et financiers qui pourraient empêcher le projet de reconversion.

Un diagnostic de l’ouvrage est donc vivement recommandé. Cette phase d’études sera confiée à un architecte comme le prévoit la loi M.O.P (Maîtrise d’Ouvrage Publique), dans le cadre de ses missions complémentaires. Elle sera d’autant plus utile lorsque la construction ne fait pas partie du domaine communal et que des acquisitions foncières s’avèreront nécessaires.

Dans une démarche de développement durable, il est important de s’interroger sur la réutilisation des constructions anciennes pour de nouveaux usages. Redonner vie à un bâtiment lorsqu’il est bien situé et qu’il présente du potentiel sur un plan architectural et/ou urbain, peut être valorisant pour la commune en termes d’image. En effet, la construction d’un équipement neuf ne garantit pas la maîtrise totale de l’ensemble des contraintes notamment en termes de consommation d’espace. De nombreuses communes urbaines sont concernées par la requalification de leurs friches industrielles ; d’autres plus rurales par leurs « friches agricoles » dont le potentiel bâti et l’implantation en cœur de bourg offrent une véritable opportunité pour des reconversions exemplaires.

Arques presbytère LNB architectes

La transformation de la grange de Roncherolles-sur-le-Vivier en équipement scolaire et en logements avec création d’une halle de marché et d’animation a permis de réorganiser et de revitaliser le centre ancien, de greffer un futur quartier , de concilier différents usages (activités et habitat dans un même lieu) et de mettre en exergue une architecture sans compromettre les qualités intrinsèques du bâtiment initial. Ce dernier enjeu est à lui seul un défi car bien souvent, les ambitions du projet nécessitent une extension. La réponse conceptuelle de ce nouvel élément au-delà de sa fonctionnalité devra instaurer un dialogue entre passé et présent, architecture ancienne et création contemporaine sans compromettre les valeurs de l’une ou de l’autre. Un juste équilibre des proportions, des rythmes et des matériaux de la construction devra être respecté.

De même, il est important de mesurer l’impact des nouvelles réglementations en matière d’accessibilité, de sécurité et de performance énergétique pour tirer parti de l’existant tout en l’adaptant à sa nouvelle destination. Un compromis doit donc être trouvé pour répondre à ces nouvelles exigences sans toutefois compromettre la faisabilité du projet et dénaturer sa qualité architecturale. Les élus d’Arques la Bataille ont notamment opté pour des solutions courageuses afin que leur presbytère du XVIIIème, transformé et agrandi en équipement culturel à vocation musicale, garde son authenticité.

Les différentes opérations citées dans cet article ont fait l’objet d’une fiche Référentiel : voir la rubrique REFERENTIEL sur ce site