le 23-09-2017
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Pédagogie active
Le paysage et l’architecture comme thème d’apprentissage
Aborder le paysage ou l’architecture avec des élèves implique une approche liée au projet. C’est le mode de développement d’un projet de paysage, d’architecture ou d’aménagement d’espaces publics qui peut se calquer sur la démarche de projet "pédagogique". Ainsi le processus professionnel et le processus pédagogique interagissent-ils en complémentarité. Il s’agit bien de construire une démarche à étapes au coeur de laquelle le processus joue un rôle prépondérant.

Trois phases distinctes peuvent clairement être identifiées : le regard, l’analyse, l’action.

Le regard est le sens le plus sollicité dans ce type d’apprentissage. Il permet la "lecture d’un paysage", la découverte d’un quartier ou d’une architecture, la perception des ambiances et la réception d’émotions.

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Il peut s’agir, au départ, de porter un regard "vierge". L’approche est avant tout émotionnelle. Le paysage observé est mentalement attaché à des émotions, des impressions intérieures ; sa traduction peut alors prendre la forme d’une carte sensible. Cette phase apparaît comme un préalable à une approche analytique, où l’élève portera un regard sur la structure d’un bâtiment ou d’un paysage. Là, le dessin devient un outil indispensable, traduisant les lignes de force d’un site et l’articulation des composants d’une architecture. Le trait noir, gras et épais du crayon permet cette transcription : expression simple et épurée, il s’apparente à une écriture.

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Plus tard, l’analyse peut s’attacher à repérer les fonctions des espaces ; le dessin devient parfois plus abstrait, parfois plus descriptif. Il traduit les formes d’un relief, la présence de l’eau, l’occupation des terres agricoles, les structures végétales ou les voiries qui viennent s’y fondre. L’observation des formes d’urbanisation intervient également dans la qualification de ces paysages. Tout cela contribue à nourrir les réflexions des élèves et favorise une meilleure compréhension de leur environnement.

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Cette deuxième phase peut être nourrie d’apports référentiels supplémentaires. Ils peuvent alors mener une enquête auprès de la population d’un village ou les résidants d’un quartier. L’intervenant peut proposer des animations liées à l’histoire de l’Art des jardins, à la peinture des paysages, au Land-art, au paysage contemporain, aux architectures et paysages normands, aux rôles des haies ou des mares… Ces apports cognitifs, sous forme de diaporamas, d’expositions, de visites de musées ou de jardins, favorisent la construction d’une culture commune.

Cette étape prépare les élèves à aborder l’action. Parfois, les enseignants souhaitent porter une attention particulière sur un paysage de proximité : cour du collège, espace vert, rivière, centre urbain…

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L’élève peut alors s’engager dans un processus d’expression de sa sensibilité et de sa créativité au travers du projet.

Il prend en compte les données environnementales d’un site, projète sur celui-ci des intentions d’intervention et les met en regard de leur faisabilité. L’intervenant joue alors le rôle de médiateur, accompagnant et soutenant l’élève, lui opposant les contraintes de mise en œuvre et lui proposant des solutions. Cette réflexion peut aboutir à des plans de plantation concrets, à des installations plastiques sur un site ou d’exposition de témoignages photographiques.

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L’ensemble de ces approches trouvent leur place dans des dispositifs éducatifs divers, qui, de la classe maternelle au lycée, permettent de sensibiliser les enfants et les jeunes au thème du paysage. Les dispositifs de référence peuvent être ceux de l’Education Nationale ou bien de collectivités locales.

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