le 18-10-2017
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Les mares en Seine-maritime : état des lieux
Si les mares ont perdu leur usage agricole et domestique, elles présentent pourtant de nombreux intérêts qui justifient leur mise en valeur. Elles contribuent à gérer les eaux de pluie, préserver la biodiversité ou animer le jardin et l’espace public en créant un lieu vivant en perpétuelle évolution. Restaurer ou créer une mare est un véritable projet en faveur de l’environnement et du paysage.

Une nécessité : retenir l’eau

Sur les plateaux, la nappe phréatique est très profonde. Contraignante et onéreuse, la construction de puits était jadis réservée aux propriétaires les plus riches. Les habitants ont du aménager des mares pour retenir l’eau de pluie en surface. Les conditions naturelles locales sont favorables : les sols argileux deviennent imperméables une fois tassés et la pluviométrie est abondante. La mare permet aux habitants d’être autonomes. Ceci explique, en partie, la dispersion de l’habitat.

Les mares des clos-masures : au coeur de la vie quotidienne

Autrefois, la mare était un lieu incontournable des clos-masures car elle remplissait de multiples fonctions, domestiques et agricoles. Elle constituait, aussi, une réserve utile en cas d’incendie. Pour y puiser facilement l’eau, un "pucheu" était aménagé : soit le bord de la mare présentait un plan incliné, soit une planche de bois était installée au-dessus du plan d’eau tel un ponton. Dans les clos-masures de grande taille, il y avait fréquemment plusieurs mares réparties dans la cour et chacune avait une fonction propre. Celle destinée à fournir l’eau potable était quelquefois close d’une haie d’aubépine pour empêcher les animaux de la souiller.

dans les hameaux et les villages

Dans une même commune, il pouvait y avoir plusieurs mares publiques dispersées dans le village ou les hameaux. Elles pourvoyaient aux besoins des habitants qui n’en possédaient pas ou dont la mare était temporairement à sec. Par leur statut et leur fonction, elles étaient un lieu de rencontre et d’échanges. Elles servaient aussi d’abreuvoir et de réserve à incendie.

dans les prairies

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, l’élevage bovin, et donc la surface d’herbage, est en forte progression. Des mares sont aménagées dans les prairies pour le bétail. Les plus récentes sont maçonnées de briques ou de ciment C’est à cette époque que les mares connaissent leur apogée.

Un abandon progressif et ses conséquences

Au 19ème siècle, l’apparition de nouvelles techniques qui offrent un approvisionnement en eau de meilleure qualité signe le déclin des mares. L’ardoise se substituant au chaume permet la pose de gouttières. L’eau de toiture est stockée dans une citerne. Bien qu’elles conservent leurs usages agricoles, les mares perdent leur utilité ; beaucoup sont laissées à l’abandon. Plus tard, l’adduction d’eau potable achève de remettre en cause l’usage des mares.

Inutiles, elles sont délaissées ou remblayées. Plus de 90% des mares ont, aujourd’hui, disparu. Celles qui existent encore dans la campagne souffrent d’un manque d’entretien. La plupart sont embroussaillées. Milieux vulnérables, les mares sont, aussi, exposées à diverses pollutions lorsqu’elles collectent les eaux de voirie (sels de déneigements, huiles…) ou les eaux qui ruissellent de la plaine agricole (engrais et produits phytosanitaires). Ces substances se concentrent et causent des ravages dans la vie de la faune et de la flore.

Pourtant, si les mares ont perdu certains de leurs usages, elles offrent, aujourd’hui, d’autres intérêts qui répondent aux besoins de la société actuelle…

Une exposition à votre disposition

La formation de la mare ; mare naturelle ou créée par l’homme ; la mare dans le paysage ; rôles et intérêts aujourd’hui ; végétation et animaux ; comment réaliser et entretenir… 21 panneaux 81 x 81 cm – 2003

Voir un panneau :

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