le 23-10-2017
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Nos conseils pour entretenir les mares
Non entretenue, une mare évolue naturellement vers l’atterrissement : le plan d’eau se comble progressivement jusqu’à disparaître. La main de l’homme est donc indispensable au maintien de la mare dans un état écologiquement intéressant.

Les travaux les plus simples (écrémage, faucardage, …) visent à maîtriser le développement de la végétation et à réduire les apports de matières nutritives. Réalisés périodiquement, ils préviennent efficacement l’atterrissement de la mare. Des travaux curatifs plus lourds sont quelquefois nécessaires. Mieux vaut donc anticiper de telles interventions par un entretien léger et régulier, plus respectueux du milieu.

Un écrémage si nécessaire

L’écrémage consiste à supprimer une partie des végétaux flottants non enracinés à la surface de l’eau pour limiter leur extension. Les lentilles d’eau, notamment, se développent au détriment des plantes immergées. Lorsqu’elles recouvrent la totalité du plan d’eau, elles forment, en surface, un écran qui intercepte la lumière.

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Un râtelage des algues filamenteuses

Des amas filandreux, verts ou bruns, peuvent apparaître dans l’eau, flottant librement ou accrochés aux végétaux. Ce sont des algues filamenteuses. Si elles persistent, procédez à un râtelage : retirez les algues avec un râteau en veillant à ne pas arracher les autres plantes. Vous pouvez réaliser ces travaux en automne en extrayant environ 2/3 des algues ou épisodiquement durant tout l’été.

Un faucardage à l’automne

Cette technique d’entretien est destinée à faucher les plantes de la berge à 10cm au dessus de la surface de l’eau. Elle permet de supprimer les parties fanées en fin de saison, d’évacuer hors de la mare les substances polluantes stockées par les végétaux épurateurs, de limiter l’apport de matière organique et de rajeunir le peuplement végétal. Le faucardage se fait en automne une fois par an sur les 2/3 de la surface de la mare.

Un étirage annuel

Lorsque la végétation de la mare est bien développée, un « étirage » annuel devient nécessaire. Il consiste à arracher les végétaux aquatiques ou de berge en surnombre afin d’éviter l’envahissement du plan d’eau et la prédominance d’une ou plusieurs espèces. Certaines plantes à rhizomes sont très vigoureuses et difficiles à extraire (roseau et massette), ne vous laissez pas surprendre par leur prolifération. Les plantes déracinées sont laissées sur les berges durant au moins une journée afin de permettre aux animaux qu’elles hébergent de rejoindre l’eau. Procédez à cette opération par enlèvement de quelques pieds tout au long de l’année ou en une seule intervention en automne.

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Pour tous les travaux d’entretien des végétaux, les déchets doivent être impérativement évacués hors de la mare ; ils peuvent être compostés.

L’élagage

Si les arbres et les arbustes situés à proximité de la mare deviennent trop envahissants et ombragent le plan d’eau, il est nécessaire de pratiquer un élagage.

Un curage périodique

La vase, constituée de matière organique en décomposition, participe au bon fonctionnement de la mare. Elle abrite des micro-organismes et différentes larves. Elle contribue aussi à parfaire l’étanchéité naturelle. Pourtant, quand elle est présente en trop grande quantité, la vase doit être évacuée sous peine de voir le plan d’eau disparaître. Un curage s’impose alors. Le curage est une intervention brutale qui perturbe le milieu. Il est conseillé de procéder par étapes sur trois ans en ne curant qu’un tiers de la superficie totale chaque année. Les zones préservées sont des refuges et des réservoirs biologiques pour la flore et la faune.

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Possible pour les mares de petites superficies, le curage manuel est une opération laborieuse. L’utilisation d’engins mécaniques est indispensable dès que les volumes à extraire deviennent importants. Les boues devront être évacuées. La périodicité des curages dépend de la rapidité d’envasement de la mare. L’époque le plus favorable se situe en fin d’été (faible niveau d’eau). Des curages superficiels visant à extraire les débris de végétaux non encore décomposés peuvent être pratiqués périodiquement afin de limiter la formation de vase.

Les principales étapes du processus d’atterrissement de la mare

Etape 1 :
Une jeune mare est colonisée spontanément par la végétation. Des animaux d’espèces très variées s’y développent. Un équilibre biologique s’établit alors. Les débris animaux (cadavres, déjections…) ou végétaux (feuilles, branches…) qui tombent dans le plan d’eau sont décomposés par des micro-organismes en matière minérale (nitrates, phosphates…), assimilable par les plantes.

Etape 2 :
L’accumulation des débris provoque un excès de matière organique, sa fermentation ainsi qu’une baisse de l’oxygène dissous dans l’eau. Le plan d’eau s’envase, des odeurs nauséabondes se dégagent. La profondeur d’eau diminuant, certaines espèces végétales (massettes, roseaux, joncs…) envahissent entièrement la mare.

Etape 3 :
Des végétaux ligneux terrestres tels que les ronces, les saules ou les sureaux s’installent. La faune et la flore spécifiques disparaissent. Le plan d’eau s’assèche définitivement. La mare disparaît D’autres facteurs tels l’apport de sédiments ou enrichissement du milieu en matières nutritives peuvent accélérer l’atterrissement des mares.